Ce texte est parfait parfai parfait, Elle réussit à écrire avec son coeur, sortir sa plus belle plume et faire de tous ses mots, plus qu'un texte, un magnifique souvenir dans nos têtes !
Parce que même si je ne le connaissais pas beaucoup, Tomas, je savais que c'était un gars sincèrement ouvert et grand : qu'il repose en paix !
On se souviendra de toi, Tomas.
Texte By Fiona
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.Playlist : Ici(à gauche,
en dessous de "1 Playlists"
cliquer sur "Für Tomas")<< Je me souviens ... Je me souviens "comme si c'était hier", comme les gens disent.
Et pourtant, c'était il y a déjà si lontemps ...
Je me souviens des étés suffoquants comme des hivers glaçant le sang.
De ses tee-shirts serrés comme des pull-overs flashy.
Je me souviens des tagliatelles trop cuites qu'elle seule savait rater à la perfection.
Mon sourire s'étend en y repensant, comme il le fait à chaque fois que je me souviens.
Que je me souviens de tout, de toi, d'elle, de lui. Surtout d'eux.
Je veux m'en souvenir parce qu'après tout, c'est tout ce qu'il me reste. Les souvenirs.
Les pensées, les visages qui apparaissent dans ma tête, leurs expressions. Les paroles de certains, la vue de ce sourire, le son de ce rire, de ses pleurs, son goût...
Tout ce qu'il reste alors sont nos souvenirs, quand le temps a balayé tout le reste.
Je me souviens de ce qui appartient au passé, parce qu'on dit qu'une fois que le corps ne vit plus, les particules de notre mémoire s'envole -ce qu'on appelle "le dernier souffle"- et ces particules se déposent alors sur chacun de vous, sur ceux qui restent là, à regarder le corps froid... >>
Je devais me souvenir pour qu'ils se souviennent à leur tour. Pour que vous vous souveniez encore. De qui je fus.
Je devais me souvenir du plus grand de mes moments comme du plus petit. Tout et rien à la fois.
Il fallait se souvenir des rencontres, des échanges de paroles, des pensées, des peurs ...
Je ne voulais pas oublier
cet homme par exemple, qui a tout changé dans ma vie.
Si seulement j'aurai pu imaginer à quel point ... Et à quel point il allait changer la sienne.
Et si, et si, et si ...
Si j'aurai pu imaginer à quel point son sourire m'aurait fait craquer pendant toute une année.
Si j'aurai pu imaginer à quel point un moment d'inadvertance pouvait basculer une, voire, plusieurs vies.
Une minime fraction de seconde. Comme dans les films.
Comment j'aurai pu deviner que ma jeunesse se serait dérouler comme dans un film ?
Qui aurait pu croire que j'aurais hérité de la "
not happy end" ? ...
C'est grâce à elle que j'ai découvert qui j'étais vraiment et c'est à cause de moi qu'elle pleure aujourd'hui. Qu'elle pleurera demain.
C'est elle qui m'a "libéré", qui m'a touché, dans les deux sens du terme, qui m'a aimé comme on ne m'avait jamais aimé auparavant, qui m'a guidé, qui m'a appris, qui me l'a présenté.
Lui, au regard noisette, taquin, au sourire aguicheur mais si tendre.
Comment aurai-je pu résister à cet homme ?
Oui, cet ange était un homme, comme moi. Il était naïf, comme moi. Il n'attendait que l'amour, comme moi. Et a été insouciant en l'espace d'une seconde, comme moi ...
Comment pouvoir réaliser qu'un moment destiné à être agréable, un moment d'égarement où on oublie tout, absolument tout... avec cet homme que vous aimez, que vous voulez chérir, combler, à qui vous faites confiance ... Cet homme qui lui-même a fait confiance à un autre homme avant moi.
Cet autre homme à qui il ne fallait pourtant pas faire confiance.Cet autre homme à qui il a été transféré une saloperie de cellule microscopique qui pourtant fait des ravages gigantesques.
Ma vie n'a tenu qu'à un fil à partir de ce moment là. Et ce fil resta immobile alors, n'écrivant que ces trois lettes abominables. Ne se courbant que pour suivre la forme de ces foutues lettres dévastatrices.
........V................................I........................................HNe suffit-il alors que de trois petites lettres pour détruire toute une existence ?
Apparemment ... Précisément ...Un simple "faux pas", une minute de plaisir remplacé par une minute d'inconscience totale, une minute de jouissance dégagé par une minute de suicide allant jusqu'à une minute de contamination,
même pour les gens qu'on aime.
Surtout pour les gens qu'on aime.
Personne, non personne, n'est épargné. Ce n'est pas une histoire de "
ça n'arrive qu'aux autres".
On peut être bien pensant, ignorant, ne pas y croire, être superstitieux, mature ou gamin, prudent, méritant ou détestable, gentil, mauvais, un héros ou un malfaisant ...
On ne joue plus là. La foudre est tombée et elle ne tombera pas une deuxième fois parce qu'elle est
fatale.
Irréversible.
Sans retour.
Game Over..
Trop tard.
Terminale.
Palliatif.
Voilà les mots qui ont rythmé ma vie à compter de cet instant.
Compter, oui, c'est le mot juste. Parce qu'une fois que ce petit bout de papier vous confirme, dans vos mains tremblantes, que vous allez mieux connaître l'hôpital que votre appartement, il vous a lancé votre propre
compte à rebours.
Ma fin de vie. C'est pourtant à ce moment précis qu'on a faim de la vie.Trop tard, encore. Il fallait y penser avant. Ma malheureuse et pitoyable fin de vie. Et ne me dites pas le contraire.
Qui rêverait d'exécuter son dernier souffle dans une chambre blanche, vide, dénudée de chaleur, de choses rassurantes. De souvenirs ...
Qui ?
Enmagasiner ses derniers gestes dans sa mémoire comme étant mettre son foulard sur sa tête, sourire poliment à l'infirmière, se tenir à la barre de sa perfusion pour ne pas tomber, lever la cuvette pour vider son estomac, pour vider sa rancoeur,
vider les minutes qu'il me reste, encore et encore à en trouver cet acte presque "routine".
Qui ?
Soit, on parle assez de ces trois satanés lettres comme ça. Même si les gens n'ont pas pigé l'impact que ce bout de caoutchouc peut avoir dans une vie d'un jeune homme, d'une jeune femme, d'époux, de quinquagénaires ...
Qui que vous soyez, avez-vous vraiment conscience de ce que l'absence de ce putain de bout de caoutchouc peut provoquer ?
Oh je ne vous blâme pas, j'ai été le même couillon à me dire "
Hof, pas la peine, c'est mieux sans !"
C'est
moi que je blâme aujourd'hui.
Parce que qui aurait cru ?...
Je m'appelle Tomas, j'ai eu 20 ans et je suis mort.
Juste pour me souvenir
(8) encore quelques fois de toi (8)