Je déborde, j'explose, j'inonde, je meurs d'amour, ce trop plein de sentiments qui m'envahit, qui me trahit.
Ne pas pouvoir aimer quelqu'un, ne pas avoir quelqu'un à ses côtés, ne pas la chérir, la prendre dans mes bras, la regarder dormir, la rendre heureuse, faire de sa vie un conte merveilleux. Je suis là, seule, seule face à mon âme qui enfonce et enfonce toujours et encore plus loin, ces sensations, ces besoins, ces envies, ces désirs, ces pulsions, plus bas que terre.
Là où tout ça deviendra inaccessible. Je deviens froide, mon c½ur se durcit et mon regard n'observe plus rien, ne croise plus personne, mes paupières ne s'ouvrent plus car voir le bonheur des autres me révolte, me révulse, me torture.
Cette sensation tactile que j'aimais tant auparavant a disparu, mes mains tremblantes restent là, collées le long de mon corps comme une barrière à ne pas franchir.
La douce mélodie d'une voix n'est à présent qu'une ringarde absence, je n'entends plus ou plutôt n'écoute plus rien, seule ma voix résonne à l'intérieur de moi.
Mes cinq sens se sont évaporés, se sont éventrés, se sont entretués l'un l'autre pour ne plus jamais succomber.
[ Saab ]